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  • Sophie Zitko Martinez
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  • Enseignante d'EPS, créateur du site référent besportif.com, maman de deux enfants, spécialiste de danse contemporaine

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I.  Discussion

Il s’agissait lors de cette étude de déterminer comment et à partir de quels indicateurs un enseignant d’EPS arrive à élaborer un étayage permettant de  mettre en conformité ses attentes et les réalisations des élèves dans l’action afin de donner du sens aux savoirs enseignés. Plusieurs points ont été relevés :

Tout d’abord il s’avère essentiel de  déterminer et de clarifier les buts à atteindre, ces buts devant a priori permettre aux élèves de s’orienter vers une meilleure maîtrise des habiletés enseignées. Il parait opportun selon la littérature de permettre aux élèves de faire des liens entre les buts et les opérations à réaliser. Ces liens doivent être explicites, conscientisés et clairement identifiés.

 Or l’hétérogénéité de certaines classes, la constitution du groupe (mixité nombre d’élève) influencent de façon considérable le choix des buts donnés.

 En effet, une classe dite « scolaire » et constituée de nombreuses filles (comme la première classe de 1ere) sera à priori plutôt orientée par des buts de maîtrise alors qu’une classe dite « compétitive » et constituée d’une dominante de garçon sera orientée par des buts compétitifs et de valorisation de soi (cas numéro 3). Il s’agit donc d’amener « en douceur » les élèves à modifier leur motifs initiaux, soit en apportant un maximum d’informations (liens entre les buts et opérations à réaliser), soit en leur permettant de vivre de nouvelles émotions dans et par l’action .

Au regard de l’analyse nous avons pu déterminer que ce n’est pas tant la quantité d’informations données qui permet la construction de sens par l’élève mais bien la qualité de ces informations. De ce fait, il parait important de préciser que bien souvent « noyer » les élèves dans un nombre trop important d’informations ne leur permet pas forcément la concordance entre mes attentes et celles des élèves mais que l’activité en elle-même et l’émotion ressentie lors de la réalisation « réussie » de l’habileté demandée est un puissant facteur permettant de modifier les motifs initiaux des élèves.

En cette fin d’année, il semble évident que ma pratique professionnelle s’est transformée. Outre le fait de me sentir plus pointue dans les étayages et dans les régulations  en apportant des buts plus adaptés et en réalisant des liens entre ces buts et les opérations à réaliser, les dynamiques de classe positives et tournées vers les apprentissages de cette fin d’année démontrent que je me suis « adaptée » aux caractéristiques de mes élèves. Je me dois cependant de continuer ma réflexion et de préciser ces liens et les opérations afin de proposer des contenus plus diversifiés et plus « sensés » pour percevoir de réelles transformations motrices chez mes élèves.    

Une limite cependant peut être envisagée dans le cadre de cette analyse et plus précisément de la méthode. En effet, le codage choisi bien qu’un peu « complexe » offre une bonne qualité d’analyse mais ai-je vraiment perçu le « sens » que les élèves ont des tâches demandées ? Ai – je vraiment pu analyser la concordance des motifs entre les élèves et l’enseignant ?. Il parait important de préciser que sans avoir accès à ce qui se passe « sous la ligne d’eau » des élèves, sans avoir accès à leurs réelles préoccupations, sans avoir interrogé les élèves sur leur motifs initiaux et finaux cette analyse demeure interprétative voir théorique. 

II.        Conclusion

En conclusion, il semble évident que pour permettre la réalisation d’un étayage susceptible de mettre en conformité mes attentes et celles des élèves il s’agit pour moi de mieux caractériser ma classe, de considérer chaque cas comme unique et de choisir des buts adaptés, spécifiques qui me permettront de « jouer en finesse  mon rôle de « chef d’orchestre » de la classe. Il me semble aussi important de préciser que le choix et le nombre des informations à donner doivent être réfléchis et identifiés sur la base de la caractérisation de la classe. Outre cela, une analyse plus fine de l’activité me permettra de proposer des situations offrant les clefs de la réussite aux élèves. En effet, bien souvent une émotion positive vécue par les élèves lors de la pratique de l’activité, la valorisation de leur travail engendre une modification des motifs initiaux.

Cette année fut très riche en enseignements et en réflexions, beaucoup de remises en question se sont produites, de doutes et d’angoisse concernant ma qualité d’enseignante. Selon mon tuteur, pour atteindre le statut d’enseignante « experte », il me faut encore m’interroger ainsi pendant de longues années et justifier chaque but, chaque critère de réussite, chaque critère de réalisation et chaque contenu au regard de la caractérisation de ma classe. Puis progressivement des liens seront réalisés qui rendront mon enseignement cohérent et qui permettront une transformation durable de la motricité de mes élèves. Continuons le « travail » et espérons que dans un avenir proche je saurai enfin « prendre en mains ceux des éléments de la tâche qui excèdent initialement les capacités du débutant, lui permettant ainsi de concentrer ses efforts sur les seuls éléments qui demeurent dans son domaine de compétence et de les mener à terme ».

 

Bibliographie

 

1)  PERRENOUD. P., (1993),  Sens du travail et travail du sens à l’école, Cahiers Pédagogiques, n°314-315, pp 23-28.

 

2) LEONTIEV. A., (1974), Activité, conscience, personnalité, Paris, Éd du Progrès,.

 

3) FAMOSE. J.P., (1990), Apprentissage moteur et difficulté de la tâche. Paris, INSEP publications.

 

4) LOCKE. E.A., LATHAM. G.P., (1990), A theorie of goal setting and task performance. Psychological Bulletin, 90, 125-152.

 

5) DWECK. C. et ELLIOTT. E.S. (1983). Achievement motivation. In E.M. Hetherington (Ed). Handbook of child psychology : Socialisation, personality, ans social development (vol.4). New York: Wiley

 

6) DWECK. C. et LEGGETT. E., (1988). A social cognitive approach to motivation and personality. Psychological review, 95, 256-73.

 

7) DWECK C. et ELLIOTT E.S. (1988). Goals : An approach to motivation and achievement. Journal of Personality and Social Psychology, 70, 461-475.

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9) MEARD, J.A. et BERTONE, S. (1998). L’autonomie de l’élève et l’intégration des règles en éducation physique. Paris : Presse Universitaires de France  

10) BRUNER, J. (1990). Acte de la signification. Cambridge, mA :Pression d’Université de Harvard.

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12) FLAVELL, J. (1976). Aspects de Métacognitive de la résolution de problèmes. In Resnick, L. (E.D.), la nature de l’intelligence. Hillsdale, New Jersey.

13) BROWN, A (1980). Développement et lecture de Métacognitive. In Spiro, R, Bruce, B. et Brasseur, Question théoriques de W. In la compréhension de lecture. Hillsdale, New Jersey : Associé de Lawrence Erlbaun

14) VISETTI, Y.M. (1989) Compte rendu : Lucy A. Suchman, Plans and Situated Actions- The Problem of Human/machine Communication, Intelligent Systems Laboratory, Xerox Palo Alto Research Center, Cambridge University Press, 1987. Intellectica, 1, 67-96.

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16) LEINHARDT, G. GREENO,  J. G. (1986), The Cognitive Skill of Teaching, Journal of Educational Psychology, 78(2), pp. 75-95.

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18) SUCHMAN, L. (1987), Plans and situated actions : the problem of human-machine communication,  Cambridge, Cambridge University Press.

19) VARELA, F. (1989). Autonomie et connaissance, Seuil, Paris.

20) AVANZINI, G. et PEREZ, S. (1998) Etude du dysfonctionnement d'un groupe en sport collectif à partir du point de vue des acteurs, Laboratoire de la Performance Motrice, UFRSTAPS Orléans.

21) BARBIER, J.-M. (2000). Sémantique de l’action et sémantique d’intelligibilité des actions. In B. Maggi (Ed.), Manières de penser, manières d’agir en éducation et en formation (pp. 89-104). Paris : PUF.

 

 

 

Par martinezbonte
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